2009-11-07 - Hôtesse d'accueil, poème écrit en août 2007 |
Les hôtesses de papier (écrit un jour de colère, il y a quelques années)
Ils veulent nous mater
Ôter notre dignité
Nous métamorphoser
En pantins déculottés,
En individus robotisés
En hôtesses de papier
De leurs mains pataudes
Prêtes à fesser
Ils marquent d’un faux pouvoir
Nos corps civilisés
Et mènent tambour battant
Une campagne d’infantilisation
Perdue d’avance…
Nous contraignant à l’uniforme,
Au sourire informe,
Et à la répétition standardisée,
Ils nous mettent au garde-à-vous
Pour le bien de tous,
Nous jetant à la fin du mois
D’un air satisfait
une obole dérisoire
Mais la part la plus précieuse
Ils ne peuvent nous la dérober
Elle a l’éclat pourpre du soleil
Et l’agilité guerrière de la panthère
Elle gonfle nos âmes
Et fortifie nos cœurs
Au-delà des humeurs
Au-delà des épreuves
Parfois,
Elle s’incarne en un bel amour
Et supprime la peur
Parfois,
Elle est la folie secrète
Qui se fend en un cri rieur
Elle est le noyau dur,
L’écorce solide
Notre mur de l’Atlantique
Face aux velléités belligérantes
Face à la dureté du monde
Et à l’imbécilité
De ceux qui se croient grands
Alors que leur destin est également menacé
Par les ans
Elle est le désir
Notre royaume… |
............................................................................................................................................................. |
2009-11-07 - L'homme-enfant |
L’homme-enfant (LI)
Saisir la fine fleur du moment
L’instant de tes lèvres
Courbées sur les miennes
La pulpe douce et ambrée
Le sourire fou et le cou nu
Légèrement serré…
Le noir de tes yeux
Tes bras brunis
Par le soleil de mai
La paix d’un bel après-midi
Seul quand tu vas pêcher
Au bord de la rivière
Où ton cœur m’est réservé
Où tu cherches mon reflet
Où je viens te retrouver
Bienheureuse élection
Merveilleuse union
Magique fusion
Des contraires
Qui s’attirent
Se désirent
Et s’aiment
Plus fortement
Qu’ils n’osent se l’avouer
Le désir est si fort
Que mes yeux s’écarquillent
D’une tendresse infinie
Lorsque je pense à toi
Tandis que mon corps t’appelle
Dans le secret de ses plis et de ses replis
Encore et encore
Je t’aime aussi…
Tu m’as écrit : « je t’aime ! »
Cri d’homme-enfant
Qui s’impatiente
De ce moment
Où ses bras m’enserreront à nouveau
Refusant que je m’échappe
Je suis tel un oiseau défait
J’aime la cachette que tu as préparée
Pour mieux me caresser
Tu es l’homme-enfant
Celui qui se protège
De l’amertume de la vie
Des contraintes qui tuent
De l’habitude qui brime
Elan de vie…
Dans mes bras tu te réfugies
Dans mes baisers tu t’oublies
Et moi, je te suis…
Tu es l’homme-enfant
Transition passionnée
Entre l’homme tel que je le connais
Et l’enfant qui, peut-être, illuminera mes prochaines années
Tu es l’homme-enfant
Celui que j’aime à cœur ouvert
d’autant plus puissamment
Que notre amour est un pari de bonheur
Contre l’étirement des jours d’hiver
Tu es l’homme-enfant
Ma tendresse pour toi
Est infinie
Tu te blottis contre moi
Mes cheveux te servent de voile
Pour masquer tes peurs
Et accroître ton désir
Jusqu’à plus soif…
Le 28 MAI 2007
|
............................................................................................................................................................. |
2009-07-14 - Coup de grisou et oeil nu |
J’essaie d’être tolérante, de porter un regard curieux et sans jugement sur les nouveaux comportements. Mais là, non, je ne peux pas, j’ai envie de lancer mon cri de grisou et de dénoncer une attitude qui ferait se retourner dans leurs tombes ou bien se tapir au fond de leurs ateliers Renoir, Degas, Van Gogh, Cézanne, Manet, Monet et tous les autres…
Mon seuil de tolérance a été mis à dure épreuve ce week-end en me baladant dans Montmartre et en visitant le musée d’Orsay.
Montmartre d’abord
La visite du musée du vieux Montmartre, la découverte des vignes et du Lapin agile, le charme d’un guitariste prometteur Estas Tonne, mon portrait en sanguine délicatement esquissé par un vrai artiste pour lequel la beauté est « objective » (sujet de débat) ont contribué à mon enchantement amoureux. Mon brigand montmartrois était à mes côtés et sa présence amoureuse a différé mes coups de grisou pour les reporter sur la page blanche. Au moins, c’est plus constructif…
Ce qui m’a irritée dans un premier temps est la commercialisation à outrance des portraits en tous genres : sanguines, fusains, peintures à l’huile…Il y a de tout et pour tous les goûts et les budgets. L’acte de peindre et le statut de « modèle d’un jour » se sont considérablement démocratisés. Il est possible de se prêter pour 50 euros à une séance de pause. Le souci est que les commerçants de la « peinturlurette » se mêlent aux vrais artistes. Les uns interpellent, comme au marché, les passants et les passantes, donnant l’illusion à nombre de midinettes qu’elles sont irrésistiblement jolies et qu’il serait franchement dommage de ne pas saisir cette beauté précaire, menacée par les ans, à coups de pinceau et pour quelques euros. Interpellations permanentes qui capturent notre regard et le privent de son exquise liberté, celle de se poser à son gré, à son rythme, sur les objets exposés. Rien à faire, à peine je pose le regard quelque part que l’homme derrière les cadres me fait signe de venir. Les artistes femmes sont plus discrètes. Assise à une terrasse de café, je me retourne pour admirer un pan immaculé du Sacré-Cœur et là, un homme accoudé à une petite table ouvrant sur la rue pavée me fait signe à nouveau. Des artistes circulent sans cesse, de café en café, vendant leurs talents et croquant sur le vif les touristes attablés. Mais bon, cela encore, cela fait partie du charme et de la règle du jeu de Montmartre. Il faut seulement avoir l’œil suffisamment aguerri pour distinguer le vrai du faux, la beauté de son imitation maladroite, le canular de l’authentique démarche. Un père de famille, après avoir vu le dessin représentant ses deux filles, se rebelle et rediscute le prix initial. Au lieu des 40 euros, il en donnera 10. Le portrait de ses filles n’est pas « représentatif ». L’artiste les a déformées, a gommé les rondeurs de leurs belles joues blondes et a crée un effet cubiste totalement déconnecté de la réalité charnelle des jeunes filles. L’artiste repart, maugréant. Sa démarche est vacillante, il tremble et semble s’être engagé dans une descente aux enfers qui n’est pas sans me faire penser au café de l’absinthe.
Orsay ensuite
Ce n’est pas admirer une œuvre d’art que de cacher son regard derrière un appareil photo numérique ou bien derrière un téléphone portable dernier cri. Les appareils photo ne sont pas interdits à Orsay. Seuls le sont les flashs.
Et les touristes en abusent volontiers. Je vois des personnes qui, à peine positionnées devant un tableau, brandissent l’appareil photo numérique, appuient sur la gachette et s’en vont. Même chose avec le téléphone portable. Certains touristes ne regardent pas les tableaux, n’admirent pas les beautés de l’œuvre d’art mais s’empressent de saisir l’image du tableau, son reflet, le capte très vite pour le fixer en souvenir comme un papillon dont on n'aurait pas pris le temps d'admirer l'envol. Pas de disponibilité pour l’émotion artistique et le plaisir esthétique. Au lieu de s’imprégner de la rencontre magique avec l’oeuvre d’art – ce qui se passe d’ailleurs volontiers de mots (les « c’est beau », « c’est joli », « cela me rappelle (…) », « on dirait que », etc. me semblent inutiles dans un moment pareil. C’est comme lorsqu’on fait l’amour, lorsque les corps se parlent suffisamment entre eux, lorsque les regards se dévorent d’un désir mutuel, lorsque les cœurs palpitent et que le sentiment nous grise, alors les mots sont inutiles), les touristes créent leur album photo. Ils seront heureux de dire à leurs ami-e-s, à leurs familles qu’ils ont « vu » Degas, Cézanne, Renoir, Van Gogh « en vrai » alors qu’en réalité, ils n’auront rien vu car ils n’auront pas pris le temps de regarder, de contempler, de se confronter à la beauté !
Pourquoi dans ce cas ne pas se confronter directement à des reproductions ? Cela reviendrait au même. A mon sens, ce sont autant de rencontres manquées avec l’art. Quel gâchis.
Selon l’agent figé à l’entrée de l’une des salles, cela fait partie « des nouveaux comportements »….A ne pas suivre.
|
............................................................................................................................................................. |
2009-04-19 - Site artistique à découvrir |
www.pinupfan.montaf.com
De très belles photos sur la "pin-up vintage glamour" par des artistes du Bessin |
............................................................................................................................................................. |
2009-03-27 - LAURENT PAYSAGE : l'amour des fleurs et des jardins |
Un paysagiste à votre service : pour toutes créations, entretien de vos jardins et de vos espaces verts : 06 33 97 96 13 |
............................................................................................................................................................. |
2008-03-02 - Site artiste à découvrir |
http://www.caterina-annovazzi.book.fr/ |
............................................................................................................................................................. |
2007-03-21 - Ecole de danse à découvrir |
www.broadwayparisdanse.com |
............................................................................................................................................................. |
2007-03-16 - Note de lecture Christine Détrez, Anne Simon, À leur corps défendant, Les femmes à l’épreuve du nouvel ordre moral, Paris, Seuil, juin 2006. |
Lorsque l’étude des représentations littéraires sert à éclairer les réalités sociales, on peut légitimement craindre que la littérature perde de son éclat mythique pour ne plus être qu’un vulgaire support destiné à autre chose qu’elle-même. Cependant, il est des cas où l’on gagne beaucoup à envisager la littérature dans sa « valeur communicationnelle » (pour reprendre un terme de la critique de réception), où l’on gagne par ce biais un surcroît de lucidité.
Il existe de belles complicités intellectuelles qui donnent le jour à des ouvrages salutaires, comme l’illustre celui qu’ont tissé ensemble une sociologue de l’ENS de Lyon et une littéraire du CNRS : À leur corps défendant. Voici une étude qui nous entraîne moins à savourer nos acquis qu’à examiner les ambivalences de la condition féminine contemporaine. Prenant appui sur les œuvres littéraires féminines de ces quinze dernières années qui ont fait l’objet d’une médiatisation, les auteures se sont demandé ce qu’il en était de l’expression du corps après l’euphorie de la libération sexuelle et la promotion de « l’écriture féminine ». Le constat n’est guère réjouissant.
En effet, tandis qu’une nouvelle morale scientifique se met aujourd’hui au service du familialisme le plus traditionnel, les écrivaines mêlent volontiers à leurs propos décomplexés les clichés les plus nuisibles à une pleine émancipation. L’examen des œuvres littéraires montre que les écrivaines concilient le traitement explicite de thèmes autrefois passés sous silence (avortement, vieillesse des femmes, petite filles « non modèles ») et le maintien des stéréotypes tels que le statut héroïque de l’homme, le désir féminin conçu comme « manque » et le primat de l’Amour sur une sexualité jugée somme toute secondaire. Selon les auteures de cette étude, en plus d’un « sens commun scientifique » qui imbibe de ses jets moralisateurs les représentations artistiques, un « sens commun affectif » est promu par la vulgate au détriment d’autres modèles relationnels. Il est vrai que le contexte social ne favorise guère ce que Michel Onfray appelle de ses vœux dans La Puissance d’exister, c’est-à-dire un « féminisme libertin » faisant fi des adhérences traditionnelles. Par exemple, l’Amour, phénomène de civilisation historiquement situé, apparaît volontiers de nos jours comme un philtre biologique comme au bon vieux temps où Schopenhauer et Remy de Gourmont le définissaient comme une ruse de la nature afin d’assurer la reproduction humaine ! Désormais, gènes et hormones viennent à l’appui de la norme conjugale et familiale, véritable objectif même lorsque les femmes s’adonnent allègrement aux infidélités sexuelles. Saluons d’autant plus l’utilité de cet essai qu’à quelques semaines des élections présidentielles, les programmes politiques les plus attentifs à la cause des femmes prônent volontiers l’idéal familial comme la mesure de toute chose, occultant ainsi l’existence d’autres configurations relationnelles.
Cependant, dans cet essai, les œuvres de femmes apparaissent excessivement perméables, ce qui revient à entériner un autre stéréotype, celui de la vulnérabilité d’une psyché féminine dite « influençable ». Les normes et les exigences qu’elle a faites siennes, l’écrivaine ne prend-elle pas soin de les déconstruire, de les subvertir, de les plier à un projet de création originale qui ne ressemble à aucun autre ? Que ces œuvres contemporaines témoignent des ambiguïtés de la condition féminine actuelle, soit. Mais parce qu’elles mettent en scène un certain nombre de tensions entre des aspirations difficilement conciliables, suscitant ainsi des questions de la plus haute importance, leurs œuvres, malgré leurs imperfections, ne constituent-elles pas le meilleur antidote à une vision simpliste des rôles sexués, le meilleur contrepoison à ce nouvel ordre moral ici dénoncé ?
|
............................................................................................................................................................. |
2007-03-08 - Liens à découvrir |
http://www.maviepro.fr/
www.unicaen.fr
www.fabula.org
www.gbrulotte.com
www.alinareyes.com
www.perso.orange.fr/michel.onfray
www.cief.info
www.imec-archives.com
www.catherine-riff.com
www.daniel-sculpteur.com |
............................................................................................................................................................. |
2005-07-13 - Dans les Intermittences du désir d'Alexandra Destais, Laurent Schuh et Caroline Frossard passent les frontières du heros-limite de Gherasim Luca. |
Les intermittences du désir...
Elle
Désir...
Un seul regard te fait naître
Un simple mot te fait disparaître
Tu es intense et volage
et quel que soit ton âge
tu demeures toujours le maître .
Lui
Au coeur du soupir tu affiches ton insolence
Capricieuse et mutine
tu ressembles à l'enfance
Elle
Tu étreins la gorge
comme un collier de cuir
la femme qui te garde près du corps
ne cherche pas à te fuir
Morsure
qui n'est pas blessure
mais attente infernale
Lui
Tu es aérienne et volatile
comme un voile de mousseline
qui dévoile ce qu'il cache
dans une feinte érotique
Elle
Tu es musical et tournoyant
Au rythme d'une valse
tu grises les pas des amants
et les corps qui s'enlacent
Lui
Tu es libertine et fatale
le rouge de tes lèvres
brûle le blanc de mon visage
et me contamine de ta fièvre
Morsure
qui n'est pas blessure
mais attente infernale
Elle
Tu es profond et lancinant
comme une mélodie orientale
Dans les replis du ventre
tu mords sans faire mal
Lui
Désir qui enfle, désir qui s'épanche
Désir qui recule, désir qui s'accuse
d'être trop pressant ou prudent
pour celle qui
...t'attend
Elle
Tu submerges les amants
Tu abolis le temps
Tu rends plus vivant
Tu disparais trop souvent
Morsure
qui n'est pas blessure
mais attente infernale
Elle
Désir qui s'affiche
au coeur du vide
Désir qui passe
quand ta main s'efface
Lui
Désir intense
Désir fugace
A trop vouloir te prendre
plus rien ne se passe
Elle
Car tu parcours l'espace
sans te fixer bien longtemps
sur le sexe que tu embrasses
De tout comme de moi, malheureusement, tu te lasses...
Alexandra DESTAIS
|
............................................................................................................................................................. |