Actualités
2010-09-03 - Appel à signer la pétition pour sauver une iranienne menacée de mort par lapidation |
Voici le lien, je compte sur votre mobilisation afin que ces pratiques d'un autre âge cessent : pour la liberté des femmes, contre les carcans fondamentalistes...
http://laregledujeu.org/2010/08/16/2616/signez-la-petition-il-faut-empecher-la-lapidation-de-sakineh/
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2010-07-01 - Un site à découvrir : maviepro.fr dédié à la vie professionnelle des femmes |
http://www.maviepro.fr/
http://www.maviepro.fr/les-portraits
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2010-06-03 - Suggestion de bibliographie Conférence au théâtre du Rond-Point 3 juin 2010 Pour la liberté des femmes, contre les carcans fondamentalistes |
OUVRAGES
1.Taslima NASREEN,
Lajja (la Honte), Paris, Editions Stock, 1994,
Femmes, manifestez-vous, Paris, Editions Des Femmes, 1994,
Rumeurs de haine, Paris, Editions Philippe Rey, 2005,
De ma prison traduit de l'anglais par Pascale Haas, Paris, Editions Philippe Rey,
2007, repris coll. Points.
Avec Caroline FOUREST, Libres de le dire, Paris, Flammarion, 2010.
2.Ayaan HIRSI ALI,
Insoumise, Paris, Robert Laffont, 2005,
Ma vie rebelle, Paris, Robert Laffont, 2006,
http://www.lexpress.fr/actualite/societe/le-probleme-c-est-le-prophete-et-le-coran_485954.html
3.Chahdortt DJAVAN,
Je viens d'ailleurs, Paris, Editions Autrement, 2002,
Bas les voiles !, Paris, Folio, 2003,
Que pense Allah de l'Europe, Paris, Folio, 2006,
A mon corps défendant, l'Occident, Paris, Flammarion, 2007.
La muette, Paris, Flammarion, 2008.
4.Autres ouvrages
Nedjma, L'amande, Paris, Plon, 2004,
Caroline FOUREST, Frère Tariq, Paris, Grasset, 2004,
Gilles KEPEL, Fitna, guerre au coeur de l'Islam, Paris, Gallimard, 2004.
Caroline FOUREST, La Tentation obscurantiste, Paris, Editions Grasset, 2005,
Olivier ROY, La Laïcité face à l'Islam, Paris, Stock, 2005,
Abdelwahab Meddeb, La maladie de l'Islam, Paris, Le Seuil, 2005,
Le livre noir de la condition féminine, Paris, XO Editions, 2006,
Gérard NEYRAND, Les mariages forcés, « Conflits culturels et réponses sociales », Paris, La Découverte, 2008,
Salwa Al Neimi, La Preuve par le miel, Paris, Robert Laffont, 2008.
Les dessous du voile, Cyrano et l'équipe de Riposte laïque, Paris, Editions Riposte laïque, 2009,
Fatema Mernissi, L'amour dans les pays musulmans, Paris, Albin Michel, 2009.
Jean Clair et al., Les femmes, l'amour et le sacré, Paris, Albin Michel, 2010.
5.Rapports :
Rapport sur le port du voile intégral : http://www.assemblee-nationale.fr/13/rap-info/i2262.asp
Xavier Ternisien, « L'islam peut-il être critiqué comme n'importe quelle
religion ? », Le Monde, 21 avril 2002 p. 30 : "L'islam est-il rebelle à la
libre critique ?",
- Tahar Ben Jelloun, « La Porsche noire, le play-boy et la burqa Choc de
civilisation dans le sud du Maroc », Le Monde, 27-28 septembre 2009, p.
18 : " On a beau dire et répéter que l'Afghanistan et ses talibans ne
représentent pas l'islam, que ce qu'ils font est en totale
contradiction avec l'esprit et la lettre musulmans, c'est au nom de
cette religion qu'ils agissent et parviennent à contaminer une partie
de la jeunesse d'origine musulmane, qu'elle soit en Europe ou dans les
pays du Maghreb",
- Frédéric Bobin, « Le fantasme du "love jihad" », Le Monde, 17 octobre 2009, p
31 : "Les femmes, nouvelle frontière de l'antagonisme religieux en
Inde ?",
- Wassyla Tamzali « Désormais, l'islamisation des moeurs triomphe »,
Propos recueillis par Josyane Savigneau, Le Monde, 12 décembre 2009,
p. 25 : " Aujourd'hui nous sommes confrontés à un vaste chantier
d'endoctrinement sur l'infériorité des femmes [...]",
- Frédéric Bobin , « Taslima Nasreen, La recluse », Le Monde, 9 mars 2010 p. 3 :
"Depuis qu'elle a été bannie en 1994 de son pays, le Bangladesh,
condamnée à mort par des fatwas de fondamentalistes musulmans pour ses
écrits dénonçant l'oppression des femmes dans l'islam, Taslima
Nasreen, 48 ans, est une apatride [...]",
- Stéphanie Le Bars, « C'est quoi l'islam modéré ?" : dialogue de sourds à
la mosquée de Drancy », Le Monde, 14-15 mars 2010, p. 11 : " [...] la
prière du vendredi a été troublée à Drancy par une trentaine de
personnes appartenant au groupuscule radical antisioniste, le
collectif Cheikh Yassin [...]",
Mathilde Teurquetil, « Une réunion dégénère à Montreuil », Le Figaro, 20
mai 2010 p. 9 : " une réunion organisée par l'association Ni putes ni
soumises sur le port du voile intégral en France a dérapé [...] 50
partisans du cheikh Yassine [...] ont confisqué la parole, multipliant
les insultes sexistes et xénophobes à l'encontre des participants au
débat".
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2010-04-10 - UP de Caen Séance accès des femmes aux responsabilités politiques en présence de la Députée Laurence DUMONT |
Samedi 10 avril 10h-12h Musée des Beaux-Arts de Caen, salle de réunion |
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2010-03-31 - Woyzeck d'après Woyseck |
Woyzeck d'après Woyzeck
Mercredi 31 mars 2010.
Théâtre de la Bastille.
Voici un spectacle qui souffle un air étrange. Il déconcerte, irrite les nerfs, amuse aussi par ses excès et ses effets inattendus. Comme un arc que l'on tend, que l'on tend jusqu'à ne plus pouvoir tenir, la tension scénique s'accroît avant d'exploser en des directions inattendues...
Le résumé sagement distribué à l'ouverture du spectacle laisse envisager une trame linéaire et un schéma somme toute classique : un homme accablé de travail, un « misérable » pourrait-on dire, harcelé par des voix et des visions, marié à une belle jeune femme pleine d'ardeur encore non consumée, commet l'irréparable : il tue sa femme après avoir découvert la trahison de celle-ci avec un beau capitaine à moustaches. Le crime passionnel, un topoi des arts et des lettres, est ici mis en scène de façon à montrer le fossé qu'il y a entre une tromperie badine qui sent bon le printemps et la folie meurtrière qui gagne peu à peu Woyzeck (Grégoire Monsaingeon) le conduisant à détruire ce qu'il a de plus cher au monde : sa femme.
Dixit un essai sur le crime passionnel, il apparaîtrait que les hommes tuent leurs conjointes par volonté de possession, parce qu'elles leur échappent, qu'ils ne supportent pas qu'elles puissent avoir une vie autonome. Les quelques femmes meurtrières de leurs maris le seraient par volonté de s'en débarrasser, de couper totalement le lien, notamment suite à des violences conjugales.
Dans la pièce de Büchner, la femme est appréhendée avec le regard d'un homme du XIXe siècle – qui veut que la femme soit née pour plaire , une jeune mariée légère, sensible aux présents d'un beau capitaine - tandis que l'homme meurtrier acquiert une profondeur tragique déliée du poids du temps. Suant, l'oeil hagard, de plus en plus influençable, replié sur ses démons alors que les autres personnages sont à la fête, Woyzeck saisit, effraie, frappe. Le spectateur hésite entre le plaisir de se joindre à la sarabande des personnages qui jouent, dansent, exultent et l'empathie envers Woyzeck qui fait de plus en plus sienne cette terrible idée fixe : « égorger la chienne ».
L'horizon d'attente des spectateurs est sans cesse durement mis à l'épreuve. Par exemple, les objets sont détournés de leur vocation première. Ainsi, l'archet d'un violon est utilisé comme scie puis comme rasoir, des bouteilles d'eau comme urinoirs à usage personnel, etc. Les personnages quittent brutalement la scène et franchissent en courant la barrière invisible qui sépare la scène du public.
Un autre personnage se détache de l'ensemble. D'abord immobile, relégué à l'arrière-plan comme une menace muette, le capitaine (Julian Eggerickx) s'impose et explose de talent, de puissance vocale et de présence scénique. Un jeu tout en performance le conduisant à reprendre, lors d'un duo mémorable avec Woyzeck, sans aucune trace de lassitude, les mêmes longues phrases philosophiquement alambiquées qui déstabilisent le pauvre diable en train de le raser. Une litanie diabolique. Parfaitement droit, torse nu, il marche les jambes un peu écartées, d'un pas très assuré et apparaît comme un chevalier des temps anciens venu au secours d'une Bovary provinciale en quête d'extase amoureuse. Etrange personnage et acteur étonnant dont la bouche amoureusement dessinée découvre une dentition un brin carnassière. Un mixte de féminin et de masculin, de la cruauté et de la courtoisie mêlées, un homme du Nord au sang un peu canaille, une voix grave et un accent, semble-t-il, allemand. Tout en séduction étrange, en bouillonnement des sens et en puissance...
Les personnages féminins sont très attachants, moins inquiétants que leurs camarades de l'autre sexe. Marie (Barbara Jung) est belle, aime ce qui brille et l'on comprend son envie de croquer la vie à pleines dents dans les bras de son beau capitaine. On pense à la Religieuse portugaise et à Madame Bovary.
Kathe/la doctoresse (Virginie Colemyn) est exubérante, folle de gaieté ou bien d'une rigidité comique selon les situations. Une énergie incroyable, du rouge plein les joues qui nous donne envie de danser avec elle dans la scène de l'auberge.
Ce spectacle a été crée dans le cadre du Théâtre permanent produit par la Compagnie Gwenaël Morin et les laboratoires d'Aubervilliers. Le texte de la pièce est édité aux Editions théâtrales.
Une représentation à Caen serait la bienvenue...
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2010-02-06 - Destins de femmes à Lion sur Mer : http://cultures-lionsurmer.org/ |
Dans le cadre des littéraires de Lion sur Mer, week-end consacré à la littérature féminine.
Avec :
- Martine Broos, "les femmes dans la littérature contemporaine",
- Pascale Hustache, auteure de "Destins femmes dans le roman populaire en France et en Angleterre au XIXe siècle".
Intervention en tant qu'animatrice du séminaire "Femmes et Société" de l'UP de Caen. |
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2009-11-14 - Premier cours du séminaire Femmes et Société : venue de Leïla, auteure de Mariée de force |
Séance du samedi 14 novembre à 10 h au Musée des Beaux-Arts de Caen (salle de réunion). Cette séance sera consacrée au thème des mariages forcés.
En présence de LEÏLA, auteure de Mariée de force (J'ai lu, 2004) et de Baya MOKTARI, médiatrice à l'association « La Voix des Femmes ».
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"J'avais 20 ans et je rêvais d'un mariage d'amour..." Cet homme, elle ne l'a jamais vu, elle n'en a jamais entendu parler, il a quinze ans de plus qu'elle, et pourtant elle va l'épouser. "Mon père m'a dit : c'est lui et personne d'autre [...] » (Leïla, Mariée de force)
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2009-10-16 - Women's Forum à Deauville |
Women's Forum fort the economy and society
14-16 octobre 2009. CID de Deauville.
Le Women's Forum est né d'un constat : le « Forum économique mondial », qui se réunit chaque année à Davos en Suisse afin de débattre des problèmes les plus urgents de la planète, invite une élite mondiale essentiellement masculine : dirigeants de multinationales, responsables politiques, intellectuels, etc. La fondatrice du Women's Forum, Aude Le Thuin, en a fait l'expérience il y a 8 ans environ. Dirigeante d'entreprise, désireuse de prendre part aux débats économiques du Davos, elle ne reçut aucune réponse.... Sans doute parce qu'elle n'appartenait pas à l'espèce de l « homme de Davos » identifié par Samuel Huntington. De là est née l'idée de créer un événement annuel visant à donner voix aux femmes les plus influentes de la planète et au potentiel exceptionnel sur les grands enjeux, présents et à venir, de nos sociétés. Soutenu notamment par Laurence Parisot, Christine Ockrent, ce projet fut concrétisé en 2005 à Deauville, lieu de prestige mondialement connu, et réitéré depuis chaque année, à la mi-octobre : unité de temps, de lieu, d'action...
Les chiffres justifient amplement la tenue d'une telle manifestation. En France, si les femmes représentent 47% de la population active, elles ne représentent qu'un tiers des créateurs d'entreprise, 21,8 % des sénateurs,18,5% des députés, 17% des conseillers généraux nouvellement élus, 16,3% des emplois de direction et d'inspection de la fonction publique d'Etat, etc. Dans son rapport sur l'égalité professionnelle remis le 8 juillet dernier à Xavier Darcos, Brigitte Grésy tire la sonnette d'alarme. Seule une démarche volontariste pourra rétablir un équilibre qui profitera à la société toute entière. A l'échelle mondiale, les femmes ne sont guère entendues dans les grands forums économiques où se dessine l'avenir du monde. Et pour cause, peu nombreuses à être reçues, elles peinent à se faire entendre. Fort de ce constat, le Women's Forum donne la parole à plusieurs centaines de femmes en provenance de tous les continents sans exclure pour autant les hommes car c'est ensemble qu'il faut avancer dans le respect des différences et de la dignité de l'autre. Ainsi sur 1 000 participant-e-s à l'édition 2009, 15% sont des hommes, trop peu encore... Le Women's Forum ne se considère pas comme une assemblée féministe qui promeut l'égalité entre les femmes et les hommes. La démarche féministe est pragmatique et le maître-mot est moins l'égalité que la « diversité » au risque de diluer la première des différences dans un melting-pot oublieux de la problématique spécifique des genres. Cependant, c'est bien la voix des femmes que l'on entend et leur vision sur le monde.
Le Women's Forum se définit comme « un forum économique et sociétal indépendant d'inspiration féminine ». Grâce à cette tribune internationale de rencontres et d'échanges, des liens se tissent entre des femmes issues d'horizons variés, de générations différentes, aux parcours divers mais tous semés d'embûches. A l'occasion de l'édition 2009, des femmes sont venues témoigner de leur expérience et sensibiliser l'auditoire à une cause douloureuse telle la jeune birmane Zoya Phan, militante fermement engagée « pour la paix, l'égalité et la démocratie » dans une Birmanie opprimée, retenant encore le prix Nobel de la Paix Aung San Suu Kyi dans ses filets militaires. Des personnalités féminines d'exception sont venues également discuter des nouveaux défis qui se posent à un monde touché de plein fouet par la crise économique, des incidences positives d'une plus forte implication des femmes dans le monde du business, des conséquences des avancées scientifiques exceptionnelles etc. Le fil rouge de l'édition 2009 a été la réflexion sur la crise et sur l'opportunité qu'elle offre de replacer les valeurs humaines et sociales au coeur du questionnement. Un espace était également réservé à la conversation sur la création littéraire et artistique, la beauté et la séduction. Irène Frain, auteure du Royaume des Femmes, a animé quelques-uns de ses débats où il a notamment été question du dépassement du narcissisme comme condition de la création, de la double peine des femmes belles dans le monde du travail, de la nécessité de mettre en place des micro-résistances contre le sexisme ordinaire.
Qu'est-ce qu'un tel événement génère ? En premier lieu, beaucoup de relations. De nombreuses cartes de visite sont échangées, des projets de collaboration naissent, des business se montent. Des jeunes femmes dotées d'un riche potentiel rencontrent des femmes plus expérimentées dans une sorte de marrainage informel. Les talents de demain, porteurs d'initiatives concrètes et à long terme, sont fortement encouragés. La remise des prix des « Cartier Women's Initiative Awards » a ainsi distingué 5 créatrices d'entreprises innovantes, une par continent. Les lauréates, travaillant au Nigéria, aux Philippines, en Islande, en Uruguay, aux Etats-Unis ont gagné un an de coaching sur mesure, un soutien financier de 20 000 dollars ainsi qu'un magnifique trophée dessiné par la maison Cartier.
L'un des moments forts du Women's Forum fut également l'interview d'Irina Bokova, première femme a avoir été élue à la tête de l'Unesco. Selon la directrice générale de cette grande organisation internationale, c'est la Science qui peut apporter des réponses aux problèmes de notre époque : le changement climatique, l'accès à l'eau, etc. Les femmes, que Bokova considère comme une « priorité », doivent avoir la force d'acquérir la même ambition que les hommes. A cet égard, le partenariat entre l'Oréal et l'Unesco, qui a fêté son douzième anniversaire, est un bel exemple de partenariat visant à valoriser le travail scientifique des femmes. L'Unesco est entre de bonnes mains : Irina Bokova en appelle à l'ouverture aux cultures, à la tolérance et à la diversité, l'essentiel étant d'établir toujours et encore plus des passerelles entre les peuples. Un léger regret : que faire face à l'oppression des femmes en certains endroits du monde pour des motifs politiques et religieux ? Aucun mot sur les mariages forcés, les mutilations sexuelles, la prostitution, ces diverses facettes des violences qui pèsent sur l'accès d'un grand nombre de femmes à l'autonomie et aux bénéfices de celle-ci sur l'ensemble de la société. Avec beaucoup de prestance, face à une assemblée stimulée, prête à relever de nouveaux défis, Aude le Thuin a conclu le Women's Forum en invitant les participantes à travailler ensemble, à préserver leur enthousiasme, à changer le monde, à penser et à agir « grand ».
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2009-09-10 - Nouveau séminaire dans le cadre de l'UP de Caen "Femmes et Société" |
Dates :
Samedi 14 novembre : 10h-12h.Salle de réunion du Musée des Beaux-Arts :
"Les violences faites aux femmes : le mariage forcé"
Samedi 6 mars :10h-12H. Salle de réunion du Musée des Beaux-Arts :
"L'accès des femmes aux responsabilités politiques"
Objet du séminaire :
Afin de renouer avec une actualité encore très douloureuse pour les femmes et semée d'embûches pour celles qui osent se hisser jusqu'aux sommets,je vous propose cette année de traiter de la problématique suivante : « Femmes et Société ». Deux séances seront allouées à ce séminaire.
Lors d'une première séance, en amont de la Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, je vous propose de traiter de l’une des manifestations contemporaines de ces violences : le mariage forcé. Je m’appuierai sur un récit autobiographique avant de cerner la problématique des mariages forcés et de dresser un état des lieux d’un phénomène qui manque encore de visibilité.
Lors d'une seconde séance, j’aborderai l’accès des femmes aux responsabilités notamment dans le monde politique en m’appuyant sur des biographies et des témoignages de femmes ayant accédé aux plus hautes responsabilités. Il s'agira de déceler dans ces témoignages les traces d’une intimité féminine en butte à un monde encore largement façonné par les hommes et d’identifier les obstacles auxquels ces individualités féminines d’exception sont confrontées.
Bibliographie :
Séance du 14 novembre :
Gérard Neyrand/Abdelhafid Hammamouche, Les Mariages forcés, conflits culturels et réponses sociales, Paris, Editions La Découverte, 2008.
Leïla, Mariée de force,Paris, J'ai lu, n°7481.
Séance du 6 mars :
Hervé Gattegno, Femmes au pouvoir, Récits et Confidences, Paris, Editions Stock, 2009.
Edith Cresson, Histoires Françaises, Paris, Editions du Rocher, 2006.
Michaël Darmon/Yves Derai, Belle-amie,Paris, Editions du Moment (biographie non autorisée), 2009.
Michaël Darmon, Michèle Alliot-Marie, la Grande muette, Paris,L'Archipel, 2006.
Evelyne Pathouot, Ségolène Royal, ombre et lumière, Paris, 2007.
Raphaëlle Bacqué/Ariane Chemin, La Femme fatale, Paris, Albin Michel, 2007. |
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2009-07-02 - Accès à la conférence proposée lors de la Nuit de la Philosophie à Montréal |
http://www.cogitantes.qc.ca/nuitenligne/destais.html
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2009-06-25 - Participation à l'émission "Les Nouveaux chemins de la connaissance" sur France Culture. |
Participation à l'émission de Raphaël ENTHOVEN, "Les nouveaux chemins de la connaissance" consacrée à Anaïs NIN dans le cadre d'une semaine dédiée à l'érotisme.
L'émission est accessible. Vous pouvez la retrouver grâce au lien suivant : http://sites.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/chemins/fiche.php?diffusion_id=74663 |
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2009-06-12 - L'érotique féminine orientale au programme du dernier cours : vendredi 12 juin |
Anastassia Politi et Amina Hammoutène seront les invitées du dernier cours de la saison. Ce cours sera consacré à la poésie de Jumana HADDAD et à L'amande de Nedjma, récit intime écrit par une femme arabe. Il sera ponctué de chants et de lectures.
Née à Athènes, Anastassia Politi s'installe en France et mène de front une carrière de comédienne, de chanteuse et de metteur en scène. Comédienne, elle joue au sein de centres dramatiques nationaux, scènes nationales et festivals internationaux, pour Stéphane Braunschweig, Jacques Lassale, Christian Schiaretti ou encore Costa Gavras, François Joxe, Stéphane Verru et Marc Blezinger. Chanteuse, elle interprète un repertoire de chants grecs accompagnée, entre autres, d'Alexandros Markéas, Henri Agnel et Bijane Chémirani, puis elle participe dans un opéra contemporain de Michaël Lévinas (GO-gol), une production de l'Ircam et du Festival Musica de Strasbourg. Elle chante l'Odyssée avec Georges Moustaki pour le Festival de Gavarnie et improvise avec les solistes Garth Knox et Dominique Pifarély.
Metteur en scène, elle se consacre à la direction artistique des projets de la compagnie Erinna dont la première création lui a valu une résidence, au titre de metteur en scène, au Royal Court Theatre de Londres.
Musicologue et pianiste de formation, par ailleurs enseignante, Amina Hammoutène, d'origine algérienne, vit et travaille à Paris et en Ile - de- France. Elle participe, en tant que pianiste, à des échanges culturels avec la Pologne et la Hongrie, expérience qui lui fait évaluer l’importance des vecteurs puissants que sont l'art et la culture, par delà la barrière des langues. Médecin par ailleurs, elle privilégie sa vocation d'artiste et de musicienne tant par la pédagogie que par l’interprétation. Médaille d’or d’analyse musicale, obtenue en 1995 au Conservatoire National Régional de Cergy-Pontoise et titulaire d'un Diplôme d'Etudes Approfondies (DEA) de Musique et de Musicologie du XXème siècle, délivré en 1991 par l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS), elle a travaillé, à l’IRCAM, avec des grands noms de la composition musicale contemporaine tels Antoine Bonnet, Hugues Dufourt, Tristan Murail, Marco Stroppa, et collaboré à des projets de psycho-acoustique et de neurophysiologie de la musique.
Sous la double qualité de médecin et de musicologue, elle a été, en 1996, à l’origine de la conception d’un projet d’art-thérapie, en collaboration avec l’équipe médicale, pour le service de Psychiatrie Adulte de l’hôpital de Montmorency (95).
Elle rejoint la compagnie Erinna en tant que comédienne - chanteuse et musicienne et se produit dans les créations et lectures suivantes, dirigées par Anastassia Politi.
Entrée libre et gratuite, sans réservation. |
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2009-05-17 - Salon du livre de Caen. Table ronde UP de CAEN. |
Participation à la table ronde de l'UP de Caen consacrée à la crise, animée par Gérard Pouloin, en présence de Michel Onfray, Bénédicte Lanot, Nicolas Béniès. Dimanche 17 mai à 17 heures. |
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2009-05-16 - Plaisir à Mandiargues. Colloque du centenaire Université de Caen/IMEC |
Intervention prévue : "André Pieyre de Mandiargues, un érographe témoin de l’émergence de l’érotisme littéraire féminin" |
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2009-04-23 - Dans le cadre de l'Université populaire de Caen. Régine DEFORGES au Panta-Théâtre à CAEN |
L'écrivaine Régine DEFORGES sera présente au Panta-Théâtre à CAEN le jeudi 23 avril à 18 heures à l'occasion du cours qui lui sera consacré.
De même, une émission sera enregistrée le même jour à 15 heures et sera diffusée sur Citizen TV (date de diffusion à préciser)
Nous recevrons également Julien Cendres, poète et écrivain, réalisateur avec Annie Morillon d'un documentaire sur Régine Deforges : "Régine Deforges, amoureuse et rebelle".
Une séance de dédicaces est prévue à 19h45 dans le hall du Panta-théâtre ainsi qu'un pot convivial.
Réservations conseillées par mail : adestais@wanadoo.fr
Une belle rencontre à ne pas manquer !
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2009-03-27 - Université populaire de Caen. Programme de la seconde saison du séminaire |
1.Vendredi 19 décembre. Natalie BARNEY : l’Amazone de Gourmont
3. Jeudi 23 avril. L'UP reçoit Régine DEFORGES : du combat éditorial aux nouvelles érotiques.
4. Vendredi 15 mai. Catherine MILLET : l’écriture clinique au service du sexe
5.Vendredi 12 juin. L’érotique orientale au féminin (NEDJMA, « L’amande » et autres…)
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2009-03-21 - Dans le cadre de l'Université populaire de Caen. Nuit de la Philosophie à Montréal |
Conférence et lectures dans le cadre d'un grand événément culturel organisé par les étudiant-e-s du Département de Philosophie de l'Université du Québec à Montréal |
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2009-03-14 - Les littéraires de Lion sur Mer. L'érotisme littéraire féminin au XXe siècle |
Conférence à Lion sur Mer.
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2009-03-12 - Publication |
Parution de l'ouvrage "Marges philosophiques, esthétique et politique",préfacé par Michel Onfray. Aux Editions Pleins Feux (Nantes).
Contribution sur l'érotique féministe de Wilhelm Reich et de Herbert Marcuse. |
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2009-01-05 - 2009 |
Bonne année à toutes et à tous ! |
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2008-12-18 - Programme séminaire L'érotisme littéraire féminin |
Pour la seconde saison de ce séminaire qui offre un contre-point à l'érotisme masculin et dont le but est de donner à voir, à lire et à entendre des références féminines porteuses d'une autre érotique,je vous propose de prolonger l'exploration de l'érographie féminine via 5 séances consacrées tour à tour à Natalie Barney, Alina Reyes, Régine Deforges, Catherine Millet et à l'érotique orientale. >
Vous êtes les bienvenu-e-s à ce séminaire qui se veut féminin et féministe! |
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2008-11-14 - Modernité de Remy de Gourmont. Université de Caen. |
Intervention "Remy de Gourmont et les amazones" |
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2008-10-21 - Appel aux points de vue sur l'érographie féminine |
Je propose à mes auditrices et à mes auditeurs de me transmettre via le site leurs impressions concernant les oeuvres érographiques qu'ils/elles auront découvertes cette année ou qu'ils/elles s'apprêtent à découvrir. Je les diffuserai sur mon site. Merci à toutes et à tous. |
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2008-06-13 - Dans le cadre de l'Université populaire de Caen. Séance sur Anaïs NIN et Nox erotica, soirée de lectures |
Le 13 juin prochain,le Panta théâtre et l'Université populaire de Caen vous invitent à une conférence sur Anaïs Nin puis à une soirée de lectures avec la participation exceptionnelle de Gaëtan Brulotte,"distinguished professor" à Tampa (USA), écrivain et spécialiste de l'ars erotica.
Conférence Anaïs NIN : 18h-20h
Nox erotica : 20 h |
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2008-05-22 - Colloque Le sentimentalisme en Europe: splendeur, décadence et renouveau. Université du Littoral, Boulogne sur Mer |
Intervention "Le sentimental et l'érotique : entre affrontement et conciliation d'Aline et Valcour à l'érotisme noir" |
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2008-02-03 - COMPTE-RENDU BnF Exposition L'Enfer de la Bibliothèque Eros au secret |
Visite dans un « lieu » secret : l’Enfer… de la Bibliothèque
Voici une belle exposition à la fois voluptueuse et savante qui donne corps à un « lieu » abstrait, dénommé mystérieusement l’Enfer, et dont l’histoire est ici retracée en lettres capitales. L’affiche annonce la couleur : un X rose bonbon sur la façade des bâtiments imposants de la Bibliothèque nationale réconcilie un espace de savoir longtemps hostile aux livres contraires aux bonnes mœurs et l’érotisme. Une première réserve concernant cette affiche me vient pourtant à l’esprit : le X est un classement qui vise le caractère pornographique ou violent de certains films . Cet « ixage » de la façade est-il vraiment adapté pour évoquer la richesse d’une littérature qui ne se contente pas d’offrir une représentation crue du sexuel mais qui sait aussi élever l’érotisme au rang d’une mystique, dégager les manifestations du désir individuel, mettre en scène la motivation amoureuse ? Là encore, l’érotisme se voit réduit à la norme pornographique ! Il est vrai que la lettre X exerce un impact plus sûr, elle incite plus efficacement à une balade dans les couloirs de l’interdit. Cependant, tout le monde n’est pas convié à cette transgression : l’exposition est en effet interdite aux moins de 16 ans.
La Dame à l’entrée de l’exposition est charmante et me tend mon billet avec un grand sourire malicieux. Cela ressemble finalement très peu au seuil de l’Enfer ! Me voici entrée dans un espace ouvert où les visiteurs et les visiteuses circulent librement d’un recoin à un autre, passant aisément du petit film clandestin à l’espace consacré à la flagellation, des manuscrits de Sade aux estampes japonaises. L’érotisme dans toute sa diversité ?
L’exposition est organisée en deux volets : l’un est consacré à l’histoire de la cote Enfer, à sa mise en place, à son enrichissement, à son évolution. Au centre, une table courbe discontinue rappelle la chronologie de l’Enfer : depuis la rubrique réservée aux ouvrages licencieux circulant dans la clandestinité du Catalogue des livres imprimés, section Belles-Lettres en 1750 jusqu’à la fermeture de l’Enfer en 1969 où les journaux titrent : « les ouvrages maudits peuvent être désormais librement consultés ». Tantôt ce sont des périodes historiques qui sont mises en exergue (Louis XV (1715-1774) ; Louis XVI (1774-1792) ; la Période révolutionnaire (1789-1799) ; Premier Empire (1804-1812) ; Restauration (1814-1830) ; Règne de Louis-Philippe (1830-1848), tantôt des événements décisifs tels le procès contre Madame Bovary et Les Fleurs du mal en 1857 ainsi que celui de l’éditeur des Oeuvres complètes de Sade, Jean-Jacques Pauvert, en 1956. On apprend beaucoup de choses sur ce qui est une cote et non une pièce à part, au parfum de soufre. On gagne ainsi en savoir ce que l’on perd en rêveries éveillées... Cependant, l’Enfer existe toujours. Depuis 1983, la cote est en effet à nouveau ouverte. Il ne s’agit pas d’un revers de morale mais d’une commodité car en effet, le domaine de l’érotisme littéraire, comme le montre ce site même, n’intéresse pas seulement les libertins et les libertines de ce monde mais aussi les sociologues, les historiens, les chercheurs en littérature, les étudiant(e)s.
Le second volet, « Éros au secret », comprend les livres et les images qui ont été relégués sous cette appellation infernale. Dans la première partie correspondant aux XVIe-XVIIIe siècles, les personnages de roman, telle que l’emblématique Thérèse Philosophe que les « effets de la lecture de la peinture rendront actrice de sa vie », sont à l’honneur. L’exposition offre dès le début aux visiteurs et visiteuses des images sans voile. Ce sont d’abord les estampes qui attirent l’œil intrigué. Sur l’une d’entre elles, qui fait partie d’un album pornographique du XVIIe siècle, la toute-puissance sexuelle féminine est incarnée par une Vénus offensive qui prend d’assaut un Dieu Mars devenu tout à coup bien timide tandis qu’une autre estampe nous dévoile les amours d’un Paris fougueux et d’Œnone dans un décor pastoral où un soleil éclatant jaillit à l’arrière-plan. L’ouïe est également sollicitée : une voix suave nous murmure à l’intérieur d’un étrange entonnoir où l’on peut enfouir la tête « deux sonnets dans l’énigme joyeuse pour les bons esprits ». La scénographie offre de multiples surprises comme par exemple ce coffret rouge qui ne demande qu’à s’ouvrir et qui offre au regard une planche de 4 gravures pornographiques. L’œil de quelques visiteurs s’allume, d’autres esquissent un rire discret, d’autres encore restent imperturbables. La division moderne soft/hard semble avoir son précédent dans le commerce de la gravure de l’Ancien Régime où l’« épreuve montrable » accompagne l’« épreuve plus secrète ». Il ne faut pas beaucoup de sagacité pour voir la différence entre les deux versions ! Au fil de l’itinéraire, on découvre également tout l’esprit libertin du XVIIIe siècle (dans l’idéal : à concilier avec la découverte de Boucher et de Fragonard) où selon Malesherbes, la « licence des mœurs est à son comble ». Le seul manuscrit autographe de Diderot qui a été conservé, La Religieuse, est exposé tandis que quelques images du film de Jacques Rivette sont projetées. En quittant Nerciat, préparez-vous à rencontrer le plus infréquentable des érographes : Sade. Une merveille pour la critique génétique ! Voici le seul manuscrit subsistant d’une œuvre publiée par Sade de son vivant : Juliette ou les prospérités du vice. On mesure à l’étude de la page de titre les repentirs de l’écrivain. Sade a en effet hésité sur l’appellation finale comme le montrent les sous-titres barrés « Succès de l’inconduite ou les prospérités du libertinage ». Le mot « vice » est sans doute plus fort. Le lieu d’impression « en Hollande » semble bien sage aux côtés du premier choisi puis répudié : « Dans la planète de Vénus »…On apprend en lisant une lettre autographe que le jeune chevalier de Sade éprouvait un grand respect pour ce père maudit dont il se dit le « très humble et très obéissant serviteur et fils ». Sade fascine toujours ; il est l’auteur pornographique par excellence, à l’origine de postures et de figures que l’on retrouve chez Pauline Réage et chez Catherine Millet. Tarantino s’en est-il aussi inspiré dans Hostel qui montre avec force détails le calvaire de jeunes victimes achetées aux enchères par de richissimes clients, membres d’une organisation secrète ?
Le grand panneau rose qui décore l’un des murs de la salle d’exposition fait d’abord songer aux listes sadiennes, celles par exemple des Cent vingt journées. On y lit les noms, les aptitudes et les adresses de diverses prostituées « qu’il n’est pas défendu à un acheteur économe de marchander » ! Les prix sont variables : de l’absence de prix fixe à un assignat, de 100 écus à 15 louis. Ainsi, Buret se signale comme « excellente pour les duo ». Elle est de plus « propriétaire d’un joli bijou, ses tendres gémissements, vrais ou feints, dans les instants suprêmes, sont tout à fait plaisants (10 Louis) ». Il ne s’agit pourtant pas d’un extrait sadien mais d’un almanach véritable des adresses des demoiselles de Paris ! Nous sommes bel et bien dans la « porné…graphie ». En continuant le parcours, c’est la fièvre révolutionnaire qui saisit mais qui n’est pas sans faire rire non plus en raison même de ses excès. À la fin du siècle des lumières, la France apparaît bel et bien « foutue » comme le montre la « tragédie lubrique » du même nom en trois actes tandis que Marie-Antoinette apparaît dans Le Godemiché royal comme cette Junon aux accents cornéliens qui « seule les jupes retroussées, se patinant la motte » s’écrie : « Admirable partie d’un con trop méprisé/Soutien officieux d’un poil noir et frisé » ! Tout y est même la césure entre les deux hémistiches de l’alexandrin ! Bravo pour le respect des règles formelles classiques...
La deuxième partie correspond au XIXe siècle et met surtout l’accent sur l’édition clandestine. Des éditeurs très connus sont passés en revue dont Poulet-Malassis, l’éditeur des Fleurs du mal. On apprend que Feydeau - décidément à la mode en ce moment sur une scène théâtrale qui a parfois la goutte à l’imaginative- a écrit un unique roman érotique à la fin de sa vie (et publié quatre ans après sa mort) : Souvenirs d’un cocodette écrits par elle-même. De Feydeau, je passe aux Agonies de Félicien Rops, « écrites par cette grande amoureuse de Jesus » pour qui la « mort eut de secrètes caresses et d’ineffables jouissances ». Malaise. Des textes de Verlaine peuvent être également écoutés à proximité grâce à un autre étrange entonnoir. La partie consacrée à la flagellation succède au petit film libertin du XIXe siècle et aux représentations amusantes des Passe-temps où on voit de nobles dames danser avec des pénis géants. C’est une veine comique et rafraîchissante avant de s’engager dans l’érotisme noir. Les instruments du supplice sont détaillés mais aucun d’entre eux n’est exposé. On connaissait avec Histoire d’O la cravache, on découvre aussi des noms étranges ou plus familiers : le Tawse écossais, la verge de bouleau, le gant de massage, le martinet, la canne de bambou le knout, la discipline des moines. Des livres également sont exposés dont les 400 pages d’ « anecdotes, de potins de lettres sur les conduites d’esclavage sexuel consenti et sollicité » des Flagellants et les flagellés de Paris de Charles Virmaître.
La troisième partie du second volet s’attache à évoquer quelques figures-clefs du XXe siècle : Apollinaire, Louys, Bataille, Genet Guyotat, Pauline Réage. « Sade et Pauvert », « Bataille », « Quelques figures du surréalisme », « Pierre Guyotat », « Genet » font l’objet de rubriques à part. Un extrait du film de Jaeckin, Histoire d’O, est diffusé mais il n’y a aucune mention de l’identité féminine de l’auteur du récit de 1954, Dominique Aury. Voici tout ce que l’on apprendra d’Histoire d’O, lettre d’amour fou adressée à Jean Paulhan, où la passion est figurée à l’extrême et qui n’est ici située que par rapport à Sade : « Marqué par l’imaginaire sadien, mais d’une écriture d’une grande retenue, le manuscrit d’Histoire d’O conquiert Pauvert dès la première lecture. Il le publie en 1954 ». L’exposition se termine par trois entretiens dont ceux de Catherine Millet et de Marcela Iacub d’une durée de quinze minutes chacun.
Ainsi, l’exposition est très dense. Il faut y consacrer au moins une heure pour prendre la mesure de l’évolution des mœurs, des représentations, des discours. Cette progression est bien mise en valeur grâce au parti pris chronologique. Du clandestin au toléré, de la création de l’Enfer à sa suppression, on voit comment les verrous de la morale ont sauté peu à peu. En revanche, je regrette une lacune essentielle. Hormis Réage et l’interview de Catherine Millet, aucune écrivaine n’est représentée alors que l’une des données majeures du XXe siècle, me semble-t-il, est l’entrée des femmes dans l’ars erotica ! Pourquoi ne pas avoir cité par exemple dans le domaine de l’érotisme noir, L’Image de Jeanne de Berg (1956), « accueilli » à l’Enfer de la Bibliothèque nationale sous le numéro 1492 ? Ou bien encore Une heure de désir de Renée Dunan, publié en 1929 et classé à l’Enfer.
Heureusement, l’interview de Catherine Millet compense un peu cette lacune et présentée en fin d’expo, elle fait sans doute la jonction avec une quatrième partie à venir…
Cependant, Catherine Millet ne représente pas toute la palette d’Éros ! Là encore, la norme pornographique prévaut et empêche de considérer la vaste cité d’Éros autrement qu’à travers ce prisme réducteur. On apprend aussi des choses intéressantes dans cet entretien : la profonde ouverture d’esprit des auditeurs et des auditrices lors de ses conférences, les lettres « petits morceaux de littérature » que l’écrivaine a reçues suite à la publication de La Vie sexuelle de Catherine M, l’aptitude des gens à reconnaître leurs fantasmes, le tapage d’associations bien-pensantes qui mènent selon Millet un combat d’autant plus virulent qu’il est d’arrière-garde. On apprend que finalement, Catherine Millet est « une gentille bourgeoise qui vivait maritalement » et qui avait donc tout pour rassurer plutôt que pour inquiéter ! La juriste Marcela Iacub montre quant à elle que le sexe est un « signifiant à connotations multiples », qu’il est difficile de décrire le sexuel, que nous tombons là dans des zones marécageuses. Elle semble également hostile au point de vue féministe sur la pornographie vue comme une dégradation des femmes. Pourtant, la pornographie semble prêter au signifiant un signifié unique...
Si cette exposition en montre la facette tantôt sombre, tantôt joyeuse pour le plus grand plaisir de tous et de toutes, elle ne lève pas tout le voile sur la vérité de l’Enfer. Les femmes sont très peu convoquées comme sujets de désir et d’écriture, ce qui ne peut que fausser l’appréhension de ce vaste domaine. Il serait peut-être temps en effet, comme l’a si bien écrit Alina Reyes, de « réenchanter la sexualité », de « réenvisager » la sexualité féminine « dans ses dimensions spirituelle et politique (enjeux particulièrement sensibles aujourd’hui), aussi bien que dans ses potentiels ludiques et poétiques ». J’ai envie d’ajouter, au prix d’un néologisme, qu’il serait peut-être temps de « sensualiser » la sexualité, de rendre en effet l’érotisme à tous ses sens et à tous ses gens.
Jeudi 31 janvier 2008.
Dimanche 10 février 2008.
Note critique d'un écrivain, essayiste, universitaire et spécialiste de la question érographique: Gaëtan BRULOTTE
Merci Alexandra de ce compte rendu détaillé. Je suis d’accord avec vous concernant le X de l'affiche et le rapport à la pornographie: jamais le mot, dont la signification est pourtant si relative à travers l’histoire (qui accuserait encore Flaubert ou Baudelaire de pornographie comme ils l’ont été en leur temps ?), et surtout sa définition ne sont vraiment interrogés dans cette expo. Comme si le mot existait dans une sorte d’évidence intouchable, de sens stable et fixe pour l’éternité. Alors que rien n’est plus contestable que ce mot justement. Tout semble mis sur un pied d'égalité sans que le traitement artistique et/ou littéraire de la langue ou de la composition, soit évoqué. Mise à plat étonnante. Il n’y a aucune analyse critique du genre érographique (le mot n’est pas même évoqué), et les responsables de l’expo auraient dû consulter des experts dans le domaine pour donner à cette expo plus de profondeur. Un sentiment d’insatisfaction en résulte, d’incomplétude. C’est très dommage, car c’était une excellente idée. Des amis ont aussi relevé la pauvreté des ouvrages présentés en librairie, des choix racoleurs et pas très scientifiques. Mon propre livre sur le genre absent (Œuvres de chair), notre Encyclopédie de la littérature érotique aussi, ce qui aurait pu au moins offrir aux visiteurs un prolongement analytique et réflexif. Mais rien, comme si rien d’autre n’existait sur le genre et comme s’il ne fallait surtout pas réfléchir sur la chose. Dans la partie liée à l'histoire de l'enfer de la bibliothèque, jamais n'est évoquée la raison pour laquelle on a appelé cette partie justement "x"... D’où vient cette appellation ? Il aurait été essentiel de le savoir tout de même. J’avais aussi remarqué une erreur notable dans le discours de l'un des "spécialistes" présentés à la fin de l'expo dans les interviews (décevantes) à propos de la censure: il y disait quelque chose sur l'édition qui me paraissait totalement faux, mais j’ai déjà oublié un mois après, n’ayant pas pris de notes. On se demande sur quoi a reposé le choix des intervenants, puisqu’ils n’ont pas tellement réfléchi sur le genre et ses constituantes. Encore une belle occasion ratée de faire intervenir des spécialistes. Par contre, j’y ai fait des découvertes intéressantes comme un cadran de la volupté, un ouvrage que j’ignorais de Nerciat, jamais réédité, une encyclopédie de l’amour dans tous les pays. Pour les femmes, c’est un phénomène assez récent, donc explicable : mais on aurait dû le justifier et vous avez raison, elles ont contribué au genre plus qu’on ne le croit généralement (voilà bien ce que notre Encyclopédie démontre à l’envi).
Gaëtan Brulotte, Ph.
Distinguished University Professor French & Francophone Literature
Department of World Languages
University of South Florida
4202 E. Fowler Ave
Tampa FL 33620-5550 USA
Website :www.gbrulotte.
Fax: 1(813) 974-1718 |
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2008-01-29 - Article en ligne et revue à découvrir |
http://www.revue-analyses.org/ |
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2007-11-00 - Séminaire L'érotisme littéraire féminin au XXe siècle |
Vendredi 18h-20h. Panta Théâtre, 24, rue de Bretagne,Caen.
Les rendez-vous 2007-2008
09/11/07 Présentation du séminaire
21/12/07 Valentine de Saint Point
08/02/08 L'érotisme sadomasochiste : Pauline Réage & Jeanne de Berg (en présence de Catherine Robbe-Grillet)
21/03/08 Suzanne Lilar
16/05/08 Emmanuelle Arsan
http://perso.orange.fr/michel.onfray/programme_up_destais.htm |
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2007-10-15 - Bibliographie introductive séminaire UP Caen |
Pour une première approche de la littérature érotique, je vous recommande ces anthologies :
Claudine Brécourt-Villars, Ecrire d’amour, Anthologie de textes érotiques féminins (1799-1984), Paris, Ramsay, 1985.
Jean-Jacques Pauvert, Anthologie des lectures érotiques, Paris, Stock/Spengler, 1995 (disponible à la Bibliothèque municipale) :
– « De Guillaume Apollinaire à Philippe Pétain 1905-1944 »
– « De Eisenhower à Emmanuelle 1945-1985 »
Pour une approche plus technique et universitaire :
Gaëtan Brulotte, Œuvres de chair, Figures du discours érotique, Paris, L’Harmattan, 1998.
Dès à présent, vous pouvez également lire les œuvres érotiques féminines au programme :
Valentine de Saint-Point
Manifeste de la femme futuriste, Paris, Mille et une nuits, 2005 (Manifeste futuriste de la luxure, p.17)
Anaïs Nin
Venus Erotica, Paris, Livre de Poche, n° 5441 + Les Petits oiseaux, Livre de Poche, n° 5557 (disponible à la Bibliothèque municipale)
Pauline Réage
Histoire d’O (précédé de Le Bonheur dans l’esclavage par Jean Paulhan) suivi de Retour à Roissy (précédé de Une Fille amoureuse), Paris, Pauvert, 1954/1975, « Le Livre de Poche » (disponible à la Bibliothèque municipale)
Jean de Berg
L’Image, Paris, Minuit, 1956 (disponible à la Bibliothèque municipale)
Suzanne Lilar
Benvenuta, La Confession anonyme, Paris, Gallimard, 1983 (disp. BU municipale).
Emmanuelle Arsan
Emmanuelle, « Livre 1 : La leçon d’homme/Livre 2 : L’anti-vierge », Paris, La Musardine, 1999 (disponible à la Bibliothèque municipale)
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2007-05-13 - Salon du Livre de Caen. Animation d'une table ronde : La conquête amoureuse au féminin, une nouvelle carte du tendre? |
Le thème de la conquête amoureuse est-il aujourd’hui une affaire de femmes ? Pendant longtemps, du côté de l’action par opposition à une prétendue inertie féminine, les hommes menaient le jeu en matière amoureuse. Que l’on se rappelle les manœuvres du séducteur de Kierkegaard qui déploie sa « musique de guerre » à l’intention de sa belle fiancée!
À l’heure où le couple est à la mode, où l’on observe dans les programmes politiques, les discours scientifiques et journalistiques, un retour du modèle familial, il nous a semblé stimulant d’examiner la nouvelle carte du tendre qui se dessine à travers les récits féminins contemporains. Dans le cadre de cette table ronde, nous interrogerons non seulement les conditions de possibilité d’une érotique féminine décomplexée mais aussi les dépendances traditionnelles qui empêchent son avènement.
Afin de donner corps à ce débat, nous donnerons la parole à Catherine Robbe-Grillet, à Claudine Brécourt-Villars et à Julien Cendres. |
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2007-02-20 - Articles récemment publiés |
« L’érographie littéraire féminine : la frénésie sexuelle maîtrisée ? » in @nalyse ( revue de critique et de théorie littéraire) de l’université d’Ottawa
http://www.revue-analyses.org/
« La réception critique d’Histoire d’O en 1954-1955 » in « La Femme et le Livre », Actes de colloque de l’université de Liège, Paris, L’Harmattan, 1er trimestre 2007, « Des idées et des femmes », p. 241-256. |
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0200-06-03 - Conférence avec Gérard Pouloin au théâtre du Rond-Point dans le cadre de l'UP de Caen |
Pour la liberté des femmes, contre les carcans fondamentalistes (Taslima Nasreen, Ayaan Hirsi Ali).
Des femmes, de par le monde, ont dit leur refus de la soumission voulue par des fondamentalistes musulmans. D’autres ont questionné l’Islam qui, à leurs yeux, est expressément coercitif vis-à-vis des femmes. Au lieu d’assumer les questionnements des unes et des autres, des idéologues ont voué ces femmes aux gémonies. Taslima Nasreen a dû quitter son pays, le Bangladesh, afin d’échapper à des violences à son encontre. Ayaan Hirsi Ali, d’origine somalienne, élue du peuple néerlandais, s’est réfugiée aux Etats-Unis, parce qu’elle était l’objet de menace aux Pays-Bas. Toutes deux avaient parlé de la situation des femmes par rapport à certaines pratiques sociales et religieuses.
Pourquoi ces femmes ne rencontrent-elles pas un soutien éloquent et continu dans leur combat ? Pourquoi accepte-t-on de ne pas entendre leurs analyses au prétexte qu’elles relèveraient de l’islamophobie, notion apparue justement face aux critiques féminismes à l’encontre d’impératifs religieux musulmans ou d’attitudes sociales auxquelles les femmes devraient se soumettre? Pourquoi des intellectuels, qui s’inscrivent dans le champ de la réflexion critique, sont-ils tentés de ne point assumer la question de la liberté des femmes ?
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